INTERVIEW
« Avec le nouveau T5, nous proposons un produit encore plus compétitif en termes de bilan environnemental et de coût d’utilisation »
Propos recueillis par Jérôme Guet
Pourquoi ne pas avoir modifié plus nettement la ligne du T5 ?
Nous avons quand même modifié beaucoup de choses : les phares, la calandre, les boucliers avant et arrière et des aménagements d’habitacle. Mais il n’était pas question de toucher à la partie cargo. L’idée était en revanche de revoir complètement la partie technique, avec les nouvelles motorisations Euro 5, pour pouvoir proposer un produit encore plus compétitif en termes de bilan environnemental et de coût d’utilisation.
Vous annoncez entre 1 litre et 2 litres de moins aux 100 km par rapport aux précédentes versions. C’est beaucoup !
Oui, et cela a été rendu possible grâce au passage à notre nouvelle génération de moteurs, déjà présents sur les gammes VL, et qui ont adopté, entre autres innovations, la technologie Common rail de dernière génération. La réduction est de l’ordre de 1 litre aux 100 km sur les motorisations intermédiaires, et peut monter jusqu’à 2 litres aux 100 km avec la nouvelle motorisation bi-turbo 180 ch, par rapport à l’ancienne 174 ch.
Cette motorisation bi-turbo 180 ch a t-elle sa place en France ?
Bien sûr, et la meilleure preuve est que l’ancienne motorisation 5 cylindres de 174 ch représentait 10% des ventes de T5 ! Nous tablons sur les mêmes chiffres avec la nouvelle version bi-turbo 180 ch, parce que, comme on l’a vu, elle est bien plus économique, et qu’un certain nombre de professionnels souhaitent disposer de ce qui fait de mieux sur le secteur. La boîte DSG 7 rapports, capable d’encaisser jusqu’à 700 Nm de couple, est d’ailleurs souvent commandée avec cette motorisation. Nous avons dans ce cas-là un produit unique sur le marché.
Y aura-t-il des versions GNV, hybride ou électrique du T5 dans un avenir proche ?
Nous travaillons énormément sur toutes les nouvelles technologies, mais nous évitons les effets d’annonces sans suite… Par exemple, pour s’en tenir au VUL 100% électrique, nous ne présenterons pas de véhicule tant que des facteurs aussi importants que la fiabilité en usage sévère, le coût final pour l’utilisateur ou les problèmes de charge utile n’auront pas reçu de réponse entièrement satisfaisante. Enfin, le moteur thermique recèle encore un potentiel d’économie important qu’il ne faut pas négliger.
Multivan, Caravelle, California : quel est le volume de vente en France de la fratrie des T5 ?
Les trois déclinaisons représentent 25% de nos ventes de T5 en France, ce qui n’est pas négligeable ! La répartition est à peu près équilibrée entre les trois modèles, avec un peu plus de Caravelle (environ 500 par an) et un peu moins de California. À noter que 80% des acquéreurs de Caravelle sont des professionnels.
Le monde des gros fourgons est en train de bouger. Le Crafter garde-t-il ses spécificités, notamment ses mécaniques 5 cylindres ?
Nous sommes passés en Euro 5 sur le Crafter avec la technologie Ad Blue, ce qui nous permet de conserver les mécaniques 5 cylindres et de pouvoir répondre aux appels d’offre des grandes entreprises et des collectivités, qui exigent désormais le meilleur en termes de dépollution. Le Crafter Ad Blue est d’ailleurs le seul gros fourgon à répondre de série à la fois aux normes Euro 5 et EEV, cette dernière étant encore plus sévère.
Pensez-vous que le Caddy Van puisse souffrir de l’arrivée du nouveau Nissan NV 200 ?
Non, parce qu’il ne s’adresse pas à la même clientèle. Le caddy Van est un produit stylé, parfaitement fini et bien motorisé, qui a la faveur des artisans souhaitant un utilitaire en phase avec l’image qu’ils souhaitent donner d’eux-mêmes et de leur entreprise. Le NV200 est sur un tout autre créneau et, de plus, ne sera proposé, du moins dans un premier temps, qu’avec de petites motorisations.
La version 4 roues motrices (4Motion) du Caddy Van trouve-t-elle sa clientèle en France ?
Oui, et même mieux que prévu, avec 9% des ventes totales du modèle. C’est le seul utilitaire léger de sa catégorie à proposer une solution 4 roues motrices d’usine. Les autres passent par des adaptations. De plus, nous constatons que la plupart des acheteurs ne recherchent pas un véhicule pour « crapahuter ». Ils souhaitent évidemment des capacités de franchissement supplémentaires, mais aussi une réponse à un besoin de rouler pas tous les temps dans des conditions de sécurité optimales. C’est le cas d’EDF, qui a référencé le Caddy van 4Motion et à qui nous en avons déjà livré une centaine.
Comment le réseau VW Utilitaires vit la crise qui secoue le secteur depuis un an ?
Comme tout le monde, en souhaitant tourner la page le plus vite possible ! Personne ne peut rester de marbre face à un marché qui s’est contracté de 25% en un an… L’essentiel pour nous, c’est d’avoir su anticiper le retournement dès l’an dernier, par exemple en réduisant nos stocks de véhicules « by-back ». Nous continuons bien sûr d’aider le réseau, qui reste stable, sans aucune « casse » à déplorer. Mais, franchement, vivement 2010 !